L'avenir du Gabon dépend de la bonne volonté de ces deux hommes politiques.

L’avenir du Gabon dépend de la bonne volonté de ces deux hommes politiques.

Libreville-Gabon. A la fin du deuxième dialogue national, cette fois-ci organisé par le régime en place. Le pouvoir actuel se dotera probablement d’un nouveau gouvernement dit «d’ouverture», et comme on s’y attendait, des grincements de dents se font déjà entendre.
(De Rudy Heisenberg)

 

 

L’image est désolante, triste et totalement lamentable. Comme de nombreux compatriotes épris d’une volonté d’alternance farouche à toutes épreuves l’attendaient voire le redoutaient.
Les retournements de vestes de certains jeunes cadres politiques, se font à la vitesse de la lumière. Le bal costumé des apprentis-sorciers, de la politique politicienne de l’opposition, à
commencer, et ce n’est pas faute de la part de l’un d’entre-eux, aujourd’hui, grassement bien embourgeoisé, de l’avoir publiquement avoué.

 
Dialogue Politique ; Vrais ou faux opposants ?

 

Plusieurs participants au Dialogue politique se retrouvent dans le gouvernement aujourd'hui...

Plusieurs participants au Dialogue politique se retrouvent dans le gouvernement aujourd’hui…

Autour de se Mbwendzé, pompeusement appelé « Dialogue National », des quadras et des quinquas ambitieux, jadis opposants radicaux. Ces jeunes loups aux dents longues et mal-acérées, ces gouailleurs, qui pour beaucoup d’entre-eux, ont forgés leurs armes, soit au sein
des réseaux sociaux comme Facebook, ou soit dans les principaux partis politiques de l’opposition (notamment l’Union Nationale et l’UPG) ont progressivement, tour à tour, dévoilé leurs vrai visages au public, des visages mal intentionnés longtemps dissimulés sous
l’éthique du caractère. Dorénavant, on voit tous, que c’était un autre visage, celui« d’opposants, mais pas comme on l’entend ».

 
Les groupes de Facebook, tels qu’Infos Kinguélé et Gabon Résistance, qui possèdent un nombre impressionnant d’Adhérents, ont permis à la plupart de ces personnes de se faire connaitre, de se mettre en lumière et de propager leurs idées aux internautes gabonais, avide d’alternance, d’équité, de justice, de développement et du mieux-être des populations gabonaise vivant dans la précarité permanente. Pendant de nombreuses années, leurs noms étaient connus de tous, ils symbolisaient l’espoir d’une nouvelle génération de jeunes leaders politiques, qui semble-t-il, avaient enfin compris que plus rien de bons au profit de tous, ne sortira du pouvoir en place.

Les réseaux sociaux sont le repaire de tout activiste de la majorité comme de l'opposition dite radicale.

Les réseaux sociaux sont le repaire de tout activiste de la majorité comme de l’opposition dite radicale.

Ils se faisaient appelés « activistes », une sorte de veilleurs, de gardiens, de la flamme de la torche indigène de l’espérance, de l’alternance dans notre Gabon à tous. Ils représentaient, l’éthique du caractère, un terme en management qui désigne une qualité dite première liant : intégrité, humilité, fidélité, sobriété, courage, justice, patience, application, simplicité, modestie et croyance.

 
Le spectacle affligeant qui s’offre à la jeunesse gabonaise aujourd’hui, est tout simplement aberrant, risible, malheureux, pitoyable et indigne. Comment des cadres, qui ont promis de faire de la « politique autrement », après avoir assisté des années durant à la même scène de théâtre : élections contestées ; tueries des populations post-électoral ; crises électorales aigus ; dialogue national prôné ; gouvernement d’ouverture non aboutit ; accords non respectés etc…

 
La même note de musique, jouée depuis des lustres dans toutes les nouvelles formes de dictature africaine appelée désormais « démocratie monarchique ». Veulent-ils répétés le même schéma comportemental d’une politique au rabais abondamment décrié par eux ?

 
Comment peuvent-ils croire, un seul instant, que la saveur des choses vont changer avec la même recette, les mêmes ingrédients et les mêmes marmites, juste parce que eux, en ont décidé autrement ? Soyons sérieux. Les mêmes causes produisant les mêmes effets. Rira bien, qui rira le dernier.
Des alliés de Jean PING seraient-ils dans le faux ?
Cela fait longtemps, que nous nous sommes rendu compte que si nous voulons changer de situation, nous devons d’abord changer nous-mêmes. Apprendre à ne plus être opposant, mais résistant. N’est-ce pas N. Mandela qui a dit : « c’est facile d’être opposant, c’est plus difficile d’être résistant ». Pour changer réellement, il nous faut modifier nos modes de perception et de manière de faire de la politique. Ils vont vite comprendre à leurs dépens, de l’opportunité et de la nécessité qu’ils avaient, de rester fixés sur les grandes lignes de leurs partis politiques respectifs, qui constituent désormais non plus l’opposition, un terme utilisé avec insistance par les pourfendeurs du régime en face, mais « la Nouvelle Majorité ». Des alliés incontournables de la Coalition pour la Nouvelle République de Monsieur Jean PING.

 

 
Le pouvoir actuel, et c’est de bonne guerre, joue la montre comme on le sait tous, attend que le temps fasse son œuvre, et comme on le voit tous, ces jeunes leaders dit de l’opposition, en sont devenu le principal instrument de propagande. Ils deviennent des chantres à leurs corps défendant, d’un dialogue nécessaire selon eux. On veut bien mais quand même, est-ce qu’ils ont vu un seul des jeunes du pouvoir, venir assister, même à titre personnelle, au Dialogue organisé en premier par Jean PING et auxquelles certains d’entre-eux ont participé ? Non.

 

 

Ont-ils entendus une seule fois, un commentaire public positif, d’un des jeunes du pouvoir actuel sur les conclusions des assises nationales organisées par le camp de Jean PING ? Non. Le nécessaire dialogue auquel ils s’essayent. On n’y croit même pas en rêve. Plus attirer par le faste, l’appât de gains rapide et de strapontins faciles, peut-être aussi par lassitude de protester, ils veulent aider à valider « le fait accompli ». Seulement, après leurs forfaitures, qu’en sera-t-il d’eux à court, moyen et long terme ? Ont-ils vraiment pris la pleine mesure de leurs poids réels? Celle du terrain politique ?

 
Voilà des quadras, des « croutons en perte de poils » qui à court terme, vont avoir la chance
pour certains, d’accéder à des postes ministériels, dans un régime qu’ils ont longtemps honni, et cela sur la base d’actes de trahison politique, à caractère existentialiste, envers leurs futurs anciens partis et/ou leurs Followers Facebook. La suite du film, on la connait déjà : intégration au sein d’un gouvernement pompeusement dit de consensus national pour mieux réseauter ; éviction à venir pour d’autres au motif de rééquilibrage géopolitique ; organisation des élections législatives en quémandant des faveurs au pouvoir par solidarité gouvernementale. Puis à moyen terme, ils vont littéralement mordre la poussière lors des législatives, avant d’être bruyamment remercié du gouvernement pour manque de résultats et d’assises politiques, par la broyeuse politique du régime animé par son communicant en chef et par une caricature imagée : explosion politique en plein vol.
Déjà, il y en a un qui voit la chose arrivée, car il est aussi le premier de cordée à cet exercice périlleux. C’est époustouflant, de voir aujourd’hui, comment il se démène comme un beau diable, criant à hue et à dia, imitant mal l’actuel agitateur du net « Bob le fou », par un pourquoi et un comment que le pouvoir en veut à sa vie. Il parle d’assassinat, certes, mais qu’on ne s’y trompe pas. Il s’agit d’assassinat politique, point barre. En participant au premier
gouvernement et au deuxième dialogue, il est passé au révélateur, et sent désormais la lame froide de la guillotine politique autour de son cou. Puisqu’il passe son temps à s’enorgueillir d’une troisième place à la dernière élection, auscultant la réalité des faits, il ne pèse que 0,01% des électeurs.

 

 
Il se cherche désespérément un fief politique, naviguant tel un bateau ivre, ici et là, d’une ville à l’autre de la Ngounié. Un homme assurément en manque de repère, réputé pour ses revirements à 360° et qui a à son actif, l’enterrement définitif du parti de feu Pierre Mamboundou. Le pouvoir du Palais, tout comme les électeurs, le lui feront payer très chèrement. Le premier au risque d’une copieuse leçon d’humiliation et les seconds par une note électorale amère, voire acide, si il s’y aventure.

 
Ailleurs, aumoment où, d’autres jeunes leaders politiques sérieux, se démarquent sans complexe de la politique d’immobilisme, tel que le Canada de Justin Trudeau, l’Italie de Matéo Renzi et dorénavant la France d’Emmanuel Macron. Ces ex-VP de l’UN, ont pour la plupart, décidé d’aller à l’encontre des lignes directrices de leur principale formation politique. Ils ont pris des risques énormes, ils ont bradés leur éthique du caractère au profit de l’éthique de la personnalité. Cette dernière est, une qualité dite secondaire, beaucoup plus basée sur l’image publique de soi, la manipulation de sa personnalité voire la duperie.

 
Or les électeurs ne sont pas dupes et ils l’ont nettement illustré. Quels que soit le charisme qui vous anime, si la confiance des électeurs est absente, il n’existe aucune base sur laquelle bâtir un succès politique durable. Cela vaut son pesant d’or en politique. Hormis un seul, le député de Bitam (qui devra rapidement trouver une nouvelle dimension, au sein d’une nouvelle chapelle politique et on sait tous à qui il fait allégeance actuellement) qui est paré du poids d’une légitimé populaire réelle. De tous, il est d’ailleurs le seul homme politique accompli de fait, car ayant remporté les législatives de manière démocratique, pour un fauteuil âprement disputé, dans une localité difficile, le tout contre un ministre en fonction à l’époque. Les autres, jusqu’à présent, tentent vainement de se créer un fief politique afin de se couvrir d’oripeaux d’homme politique.

 

 

Au final, ils ont donné plus de poids et plus de crédibilité aux yeux des électeurs, à l’Union Nationale, qui ne manquera assurément pas de candidats tout aussi jeunes, sérieux et capables, longtemps mis dans l’ombre pour leurs profits. Qu’ils ne se trompent pas, dans toutes les « provinces-clés », les électeurs ont choisis un homme, un camp celui de Jean PING. Les meetings monstres organisés lors de ses récentes tournées provinciales et le récent Méga-meeting de Libreville, ont démontré que les rapports de forces n’ont pas changé, tout au contraire. Le pouvoir sait plus que jamais qui est son véritable interlocuteur, et que contrairement à ce qu’on a voulu lui vendre, c’est la force symbolique de son principal personnage et non les élites autour de ce personnage qui cristallise ses électeurs.

 
« Sa stratégie n’est pas hasardeuse, ni anodine, elle répond tout d’abord à des principes qui sont des lignes directrices, stables, permanente pour la conduite à la prise de pouvoir, et ensuite à des pratiques qui sont des façons d’agir spécifiques à chaque situation ».

 

Par exemples, il y a le principe de justice. Il est celui qui permet la réclamation de la véracité des urnes, par la pratique d’un recomptage du scrutin réclamé par la communauté internationale, afin de faire la lumière sur cette élection remplies d’incertitudes (selon E. Macron). Il y a également : le principe d’évolution. Cette dernière, se mesure assez facilement physiquement chez l’être humain car, toute notre vie est ponctuée d’étapes de croissance ; on rampe ; on se lève ; on titube ; on marche puis on court.

 

 

Sur le domaine politique, au Gabon, les acteurs des années 90 ont longtemps brillés, soit par leurs inconstances idéologiques et leurs soifs de pouvoir personnel, soit par leur naïveté politique. C’était l’époque des balbutiements démocratique post-monopartisme. Le pouvoir a réussi durant 50 ans, à faire ramper et tituber le processus démocratique avec l’aval de la France, au détriment des peuples.
« Maintenant, l’heure est au réveil depuis 2009, et avec 2017, l’heure de se mettre En Marche est arrivé ».

 

Le président Jean PING et la Coalition, l’ont parfaitement compris, il n’y a pas de dialogue à avoir si ce n’est le recomptage des voix de la dernière élection. Pensé le contraire, serait faire preuve d’une naïveté politique à nul autre pareil face à un régime habitué à ce type d’exercice mais actuellement à genoux. Jean PING tient le premier bon bout, celui de la Résistance diplomatique et politique jusqu’au bout. Et ce n’est pas le nouveau Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, et son émissaire auprès du président Jean PING, pour d’éventuels pourparlers, le président de la Guinée, S.E. Alpha Condé, qui diront le contraire, quoique…

 
Cette première vague de quadras et de quinquas, finalement inconstants, avides de postes plutôt que d’alternance, n’ont pas compris que les paradigmes ont changés, que le changement de pouvoir doit apporter un changement d’attitude. Pendant de nombreuses années, on a pris le temps de parler, de dialoguer, de s’accorder sans aucun résultat, ce temps-là est définitivement passé et révolu. Le patron du pouvoir en place l’avait lui-même dit, rappeler et appliquer tout au long de son mandat pas comme en l’entendait.

 
La jeune garde qui a décidé de prendre des raccourcis à un processus d’évolution démocratique dont ils ont été à l’avant-garde, les précurseurs, n’entrainera à long terme en leurs fors intérieurs que déceptions et frustrations. Les victoires intérieurs précèdent les victoires publiques, et idem pour les défaites. Il fallait juste attendre un peu plus longtemps, le terrain déjà labouré, fertilisé et protéger qu’allaient leurs offrir les « vieux, les « caciques » sur un plateau en Or.

 
L’ensemble des partis de la Coalition, ont aidé à façonné et parfaire la victoire écrasante du candidat Jean PING, dans toutes les localités du territoire national. Ils n’ont pas compris que les paradigmes ont bougés, progressivement, très lentement certes, mais inéluctablement. C’est une autre vague de jeunes en politique, qui va finalement bénéficié de ce travail, long, rigoureux, discipliné, et c’est tant mieux. Je veux que ma génération soit différente, une « génération consciente, confiante et résistante ».

VN:F [1.9.16_1159]
Evaluez cet article
Rating: 5.0/6 (1 vote cast)
TRIBUNE LIBRE GABON : UNE NOUVELLE MAJORITÉ POLITIQUE EST NÉE, 5.0 out of 6 based on 1 rating