L'OPRAG serait-ille maître chanteur de toute cette histoire ?

L’OPRAG serait-il le maître chanteur de toute cette histoire ?

Libreville-Gabon- Lors de notre dernière parution faisant état de l’acharnement fait par l’Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG), vis-à-vis des populations d’Alénakiri-Sissitock village, en vue de leur déguerpissement grâce à un contrat signé avec l’entreprise Gabon spécial économic zone (GESEZ) pour la construction d’un site de stockage d’hydrocarbures et , engrangé par GSEZ.
Tout porte à croire que les menaces faites à l’encontre de ces populations par l’ex Directeur Général de l’OPRAG, M. Rigobert IKAMBOYA NDEKA, sur le projet de déguerpissement de ces compatriotes continu son bonhomme de chemin. Suite à son éviction de la direction de l’OPRAG, les populations du village Sissitock ont ainsi pensé que cette affaire avait été enterrée grâce à son départ. Que nenni !

 

Une affaire qui aurait couté à GSEZ plus de 8 milliards de francs CFA

 

Selon le collectif des habitants de Sissitock village, cette affaire serait un conflit d’intérêt entre l’OPRAG, la Mairie d’Owendo et GSEZ. Un projet de relogement-initié par Madame Jeanne MBAGOU, mairesse de la Commune d’Owendo-des populations de Sissitock au quartier Igoumié (derrière les rails), est mis en place. Usant de son autorité de mairesse, Madame MBAGOU semble être la boîte de transmission entre l’OPRAG et les populations du vilage. Un projet qui ne plait pas au collectif car, selon le décret n° 00110/PR/MEFBP/DGI/DDOF du 28 janvier 2018, qui déclassifie le village Alénakiri du domaine portuaire d’Owendo, cette zone, qui a une superficie totale de 681. 457 mètre carré et subdivisée en section, n’est nullement la propriété de l’OPRAG, et encore moins celle de la Mairie d’Owendo.

En encadré rouge, le rayon impacté selon le rapport du Cabinet QHSE Process en direction du village Sissitock (flèche rouge), s'arrête à 500 m. En encadré bleue, les cuves de GSEZ.

En encadré rouge, le rayon impacté selon le rapport du Cabinet QHSE Process en direction du village Sissitock (flèche rouge), s’arrête à 500 m. En encadré bleue, les cuves de GSEZ.

Selon toute vraisemblance, cette histoire de litige foncier serait le résultat d’une vaste supercherie entre l’OPRAG ; l’ANUTTC et…la Mairie d’Owendo. Selon le collectif, les deux rapports d’études par les Cabinets QHSE Process et SEQUEN, démontrent bien que le village Sissitock ne peut être impacté en cas d’explosion des cuves de GSEZ car se situant à plus d’1.800 km du site.  Le Cabinet QHSE Process démontre que le rayon impacté en direction de Sissitock s’arrête à 500 mètre à partir des cuves. Ce qui donne droit au collectif de penser que l’OPRAG ne peut céder la zone à GSEZ étant juridiquement en dehors de l’emprise de l’OPRAG.
 » GSEZ, bien avant le dépôt et la validation du projet avait déjà entreprit la destruction de la mangrove (palétuvier) et de la construction de ses cuves. »

 

Le deuxième rapport-qui n’a pas encore été approuvé par la Direction de l’Environnement-par le Cabinet SEQUEN, démontre tout aussi que le village Sissitock ne pourrait être impacté et serait hors de la zone de GSEZ. Seulement voilà ! Pour être conforme avec les autorités portuaires, GSEZ aurait déboursé la coquette somme de 9 milliards de francs CFA, au regard des populations (les vraies cette fois !), qui se trouvent dans le rayon des 500 mètres carrés autour des cuves à hydrocarbures. Une aubaine pour les responsables de l’autorité portuaire, qui ont vus en cette manne tombée du ciel, une opportunité de s’en faire plein les poches en impliquant les responsables de l’ANUTTC, de l’Environnement et de la Mairie d’Owendo.
Les autorités gabonaises font la sourde d’oreilles aux cris de détresse des populations de Sissitock.

 

C’est près de 69 familles gabonaises qui risquent de perdre tout ce qu’ils ont investi dans ce grand domaine convoité par l’OPRAG. Aujourd’hui, elles ne savent plus sur qui se tourner et demandent au Chef de l’État, Ali BONGO ONDIMBA, garant des Institutions de plaider en leur faveur, conformément au Décret signé par le défunt Omar BONGO ONDIMBA, qui leur droit à demeurer à Sissitock. Certains cadres de l’administration sont nés à cet endroit et y ont leurs grands et arrière-grands-parents enterrés dans ce village qui existe depuis 1905, bien avant l’arrivée de l’OPRAG en 1974 !

 

La destruction abusive de la mangrove, qui est une zone protégée de reproduction d’espèces marines (poissons et tortues), est une conséquence extrêmement grave pour l’écosystème. Cette grande destruction pourrait entrainer des éboulements de terre et favoriser l’avancée de la mer, à en juger par la disparition du débarcadère d’Alénakiri Sissitock.
GSEZ détient plus de 1.500 km de terre à Alénakiri. Selon le collectif, la société a toujours dit n’être pas à l’origine de ce conflit. Ce qui nous emmène à nous poser des questions :
M. Rigobert IKAMBOYA NDEKA, l’ex Directeur Général de l’OPRAG, serait-il le marionnettiste qui tirerait les ficelles dans l’ombre ? Car, dans cette affaire, il sait de quoi il est question.  Pourquoi l’OPRAG veut-elle faire déguerpir les populations de Sissitock qui pourtant, ne sont ni dans le domaine portuaire, ni dans la zone impacté des 500 mètres carrés de GSEZ ? Pourquoi Madame Jeanne MBAGOU fait-elle des réunions à huis clos dans le village, pour inciter certaines familles à aller toucher des chèques de dédommagement en vue d’un éventuel déguerpissement ? Pourquoi l’ANUTTC s’est-elle empressée à venir taguer les maisons du village visé à être démolis par le projet de l’OPRAG, bien avant d’avoir eu en main le rapport d’étude environnemental du Cabinet QHSE Process ? Pourquoi le collectif n’a toujours pas été reçu par le Ministère de l’Habitat ou par le Premier Ministre Emmanuel ISSOZE NGONDET ? Pourquoi l’OPRAG ne tient-elle pas compte du constat de l’ex Directeur de l’Environnement, M. EBOBOLA, qui avait affirmé que les populations de Sissitock étant éloignées du site du projet, pouvaient cohabiter avec GSEZ ?
Toutes ces interrogations ne peuvent être répondues que si une véritable enquête est menée par les agents habilités dans ce genre de conflit rehaussé de l’implication d’une organisation mafieuse dans les hautes sphères de l’administration de tutelle. En attendant, le collectif dit attendre l’étude d’un Cabinet international qui viendra déterminer si le village pourrait être touché en cas de scénario catastrophe. Affaire à suivre.

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