Toujours accusé à tort ou à raison, le gabonais d'origine étrangère est de plus en plus stigmatisé.

Toujours accusé à tort ou à raison, le gabonais d’origine étrangère est de plus en plus stigmatisé.

 

Libreville-Gabon. Le mal-être des populations gabonaise a-t-il atteint son paroxysme au point où elles affichent ouvertement leur haine envers ceux et celles qu’elles considèrent aujourd’hui comme faisant partie de la « légion étrangère du clan Bongo » qui appauvrit le Gabon au détriment de ceux-là considéré comme étant de vrais gabonais ?

 

De feu Omar Bongo indexé de congolais à son fils Ali Bongo de nigérian, il n’y a qu’un pas. Voici que certains jeunes qui émergent dans le cercle du pouvoir, sont eux aussi, pointé du doigt comme étant à l’origine de ce mal qui ronge le fruit Gabon.

 

La paix sociale au Gabon ne tient qu’à un fil. Il faut tirer la sonnette d’alarme !

 

Lors de l’avènement de la Conférence nationale qui a mis fin au parti unique en 1991 et a vu naître le multipartisme, le peuple gabonais s’est dit être libéré du joug du pouvoir PDG (Parti démocratique gabonais), dirigé par la famille Bongo et alliés. Cependant, plusieurs de ces hiérarques issus de ce parti ont bel et bien profité des largesses et des finances publiques de l’État lorsqu’ils étaient aux affaires. Opposants aujourd’hui, certains analystes pensent qu’ils auraient mis les moyens et tout un mécanisme pour pousser les populations au soulèvement, à l’insurrection envers le pouvoir en place qui selon eux, continue à partager les richesses du pays de manière inégale.

« Le racisme, le repli identitaire, la xénophobie, ne devraient pas exister dans le monde. Sauf que les étrangers d’adoption devraient aussi avoir un minimum de respect pour les populations autochtones. »

 

 

Depuis 2009, dans les réseaux sociaux, en l’occurrence Facebook et WhatsApp, des groupes d’activistes résidant au Gabon et ceux de la diaspora à l’étranger se sont formé pour lutter contre le clan des Bongo et de son entourage. Tout y passe : mensonges, vérités, contre-vérités, analyses, supputations, espionnages et aujourd’hui…une xénophobie avérée sur les jeunes émergents issus du PDG, de l’AJEV (Association des jeunes émergents volontaires) et des partis alliés.

 

La question à 1 milliard de francs CFA : qui est vrai et faux gabonais ?

 

Le racisme, le repli identitaire, la xénophobie, ne devraient pas exister dans le monde. Sauf que les étrangers d'adoption devraient aussi avoir un minimum de respect pour les populations autochtones.

Le racisme, le repli identitaire, la xénophobie, ne devraient pas exister dans le monde. Sauf que les étrangers d’adoption devraient aussi avoir un minimum de respect pour les populations autochtones.

Cette question qui se pose à chaque fois dans les quartiers et sur les réseaux sociaux risquerait d’être l’élément déclencheur de ce qui s’est passé au Rwanda : Un génocide horrible dont le peuple rwandais peine à oublier car, les bourreaux d’hier, devenu comme par magie des agneaux aujourd’hui, sont toujours parmi les victimes. Pour le cas Gabon, les dernières nominations et autres élections locales seraient à l’origine de ce déferlement de propos haineux et de commentaires avilissants sur les réseaux sociaux au sujet des nouveaux élus locaux. Un ras-le-bol, « une imposture de trop » que ces compatriotes n’ont pas du tout digérés.

 

Selon les différentes publications des activistes sur les réseaux sociaux, toutes les représentations du monde se trouveraient dans le gouvernement et dans l’administration gabonaise : du Benin au Nigeria, en passant par la France, le Congo, le Mali, le Sénégal, la Somalie, le Maroc, le Liban, la Centrafrique, etc. Pourtant, ces personnes représentatives de pays étrangers ont bel et bien la nationalité gabonaise ! Devrait-on changer la Constitution à ce sujet ? Le débat reste ouvert.

 

Si certains enseignants chercheurs gabonais du 21ème siècle, vont jusqu’à relancer un débat sur les origines d’un peuple dont l’histoire à démontrer qu’elle revenait d’Egypte, il y a matière à se demander qu’y a-t-il derrière cette question qui voudrait, semble-t-il, comparer cette ethnie comme étant des envahisseurs étrangers au Gabon ? Pourtant, tous les gabonais reviennent bien de quelque part ! Gabonais de souche ou d’adoption, tous ont une histoire qui les lie en un lieu, une rivière, un fleuve, une mer, un village, une terre : le Gabon.

 

 

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