Charles Blé Goudé (à gauche) et Laurent Gbagbo (à droite)

Charles Blé Goudé (à gauche) et Laurent Gbagbo (à droite)

Afrique/CPI. La procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a jusqu’à minuit ce lundi 16 septembre pour dire si elle fait appel ou non de l’acquittement prononcé en faveur de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé le 15 janvier dernier. L’ex-président ivoirien, qui est toujours à Bruxelles placé sous contrôle judiciaire, n’a jusqu’à présent pas eu l’autorisation de la CPI de quitter la capitale belge.

A l’horizon des élections présidentielles prévues en octobre 2020, la décision de Fatou Bensouda est évidemment très attendue en Côte d’ivoire car si la procureure devait décider de faire appel, Laurent Gbagbo ne pourra pas quitter Bruxelles, du moins dans un premier temps.

Malgré son acquittement, l’ex-chef d’Etat a été placé sous contrôle judiciaire et ne peut se déplacer hors de la capitale belge sans l’aval de la cour. Même chose pour Charles Blé Goudé qui se trouve toujours lui à La Haye, non plus à l’hôtel mais dans un appartement privé pour pouvoir se déplacer.

 

Les deux hommes devraient obtenir l’annulation de la décision imposant une série de conditions à leur libération.

 

Si la procureure fait appel, les textes de la cour ne prévoient aucun délai pour la décision finale mais la procédure prendra plusieurs mois. La procureure doit remettre son mémoire en décembre. Mémoire auquel les avocats devront ensuite répondre avant que les juges ne décident.

L’acquittement de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé avait été prononcé après l’audition des témoins du procureur, alors que les accusés devaient présenter leurs propres preuves à décharge. Mais deux des trois juges avaient estimé que la poursuite du procès était inutile, dénonçant « l’extrême faiblesse » des preuves du procureur et critiquant une « démonstration biaisée » sur cette période de l’histoire ivoirienne. Minoritaire, la troisième juge estimait que le procès se poursuivre et c’est peut-être sur ces bases-là que la procureure pourrait décider de faire appel.

Appel ou non appel: le jeu politique ivoirien suspendu à la décision

Après leur meeting réussi samedi 14 septembre aux côtés du PDCI, les inconditionnels de Laurent Gbagbo n’espèrent plus qu’une seule chose : le retour au pays de leur président et de l’ex-leader des Jeunes patriotes Charles Blé Goudé. Mais les militants FPI ne se font pas de fausse joie et attendent patiemment la décision la magistrate.

Un retour de Gbagbo redistribuerait fortement les cartes du jeu politique ivoirien. Et permettrait aussi de faire face aux divisions internes au FPI. La frange du parti dirigée par Pascal Affi N’Guessan, actuellement en conflit avec l’ex-chef d’Etat, souhaite également sa libération définitive. Mais le porte-parole du FPI Issiaka Sangaré précise que le parti n’est pas la propriété privée d’un seul homme, fut-il son fondateur. « Tout dépendra de la démarche adoptée par Laurent Gbagbo », dit-il, avant d’ajouter que seul un congrès peut déterminer le leadership du parti.

Si l’ex-homme fort de la Côte d’Ivoire rentre au pays, il ne sera pas complètement débarrassé de ses ennuis judiciaires. En janvier 2018, la justice ivoirienne l’a condamné à 20 ans de prison ferme dans l’affaire dite du « braquage » de la Cédéao durant la crise post-électorale de 2010-2011.

 

(Source: Rfi Afrique)

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